Actualité académique

NON AUX CLASSES DE DEFENSE ET DE SECURITE GLOBALE !

St Avertin le 9 janvier 2026

Alors que nous assistons à une véritable escalade guerrière en ce début d’année 2026, les classes défense et de sécurité globale se multiplient aujourd’hui dans les établissements scolaires, près de 1200 en France, dont 52 dans notre académie, et 15 dans le département !

De quoi s’agit-il ? sur le site Eduscol on peut lire notamment :

« Une CDSG est un dispositif partenarial s’appuyant sur une pédagogie innovante. Ces classes sont construites à l’initiative d’une équipe pédagogique d’un établissement, autour d’un projet interdisciplinaire d’éducation à la défense s’ancrant dans les programmes scolaires, pouvant contenir un volet mémoriel, qui se voit concrétisée grâce à un partenariat avec une unité relevant des forces de défense et de sécurité.(..) Les CDSG sont une priorité ministérielle, dont l’objectif est, à court terme, d’en doubler le nombre et couvrir tout le territoire national. »

Une multitude de classes défense sont ouvertes chaque année, bénéficiant de crédits, dans une véritable opération de militarisation de la jeunesse. (+ 60% dans l’académie en 2023). Quelques exemples dans notre département :

 

Au collège Ronsard de Tours, la classe de défense et de sécurité globale a « entamé sa rentrée par un meeting aérien ». On peut lire sur le site du Rectorat et en première page du site de la DSDEN :

« découverte des métiers de l’armée : plusieurs ateliers ont permis aux élèves de se plonger dans les métiers de l’armée. Parmi eux, une simulation en réalité virtuelle de pilotage aérien, offrant aux collégiens un aperçu fascinant des compétences techniques nécessaires pour devenir pilote. D’autres activités, comme un entraînement au tir laser, ont également permis de découvrir des aspects tactiques de la formation militaire.

À travers des activités pédagogiques variées, les élèves ont pu toucher du doigt la réalité des métiers militaires tout en approfondissant leur compréhension des enjeux de la défense nationale. »

 

On apprend aussi que cette classe Défense a remporté le « Prix des Armées Zone Ouest. », délivré par le Ministère des Armées.

 

A Bourgueil :

« La Classe de Défense et de Sécurité Globales (CDSG) du collège Pierre de Ronsard à Bourgueil (37), placée sous le parrainage du 2ᵉ Régiment de Dragons de Fontevraud, a inauguré son année scolaire en assistant à la 82ᵉ cérémonie de l’Étendard Évadé. Cette commémoration annuelle met à l’honneur un épisode majeur de l’histoire du régiment, particulièrement marqué durant la Seconde Guerre mondiale. Les élèves de la CDSG ont particulièrement apprécié ce premier temps fort de l’année, qui leur a permis de découvrir une page d’Histoire empreinte de courage, d’honneur, de résilience et de traditions militaires. Cette rencontre privilégiée avec leur régiment parrain s’inscrit pleinement dans les objectifs citoyens et mémoriels de la classe de défense. »

 

Sur le site du rectorat, un vademecum à destination des enseignants en classe défense propose des activités d’apprentissage en lien avec l’Armée : par exemple la fabrication de prothèses ou de masques en SVT... les classes Défense sont inscrites dans les axes du projet d’établissement et valorisées comme telles. De nombreuses ressources telles qu’un livret « enseigner la défense », ou des fiches projets par département proposent des pistes « pédagogiques », des « jeux de plateaux » par exemple « visant à faire découvrir aux élèves le déroulement d’une cérémonie militaire et les faire réfléchir autour des notions mémorielles ».

(catalogue des actions lycées 45)

 

Des entreprises locales sont aussi associées aux activités, comme les groupes ARKANIA, SILLINGER, ou MBDA (ce dernier est un leader mondial de la fabrication de missiles et systèmes de missiles.)

 

Comment ne pas parler d’embrigadement de la jeunesse à travers des activités « ludiques », des informations sur des « métiers » qui n’ont rien d’ordinaire ?

 

  • De plus ces classes défense (que le gouvernement entend doubler) bénéficient de crédits du Rectorat visiblement « sanctuarisés ».
  •  Dans le même temps, les collègues et élèves dans les établissements ont fait la rentrée de janvier dans des salles, voire des internats non chauffés.
  •  Dans le même temps, les AED manquent partout, comme au lycée de Loches, où ils se sont mobilisés avec l’ensemble des collègues et des syndicats pour réclamer des moyens supplémentaires.
  •  Dans le même temps, les classes sont surchargées, et les dotations horaires s’annoncent en baisse partout, les personnels du lycée Paul Louis Courier se mobilisent d’ores et déjà car plusieurs classes seraient menacées de fermeture par le Rectorat.

 

Pour le SN FO LC 37, l’école n’a pas à jouer le rôle de recruteur de l’armée, le rôle de l’école et de ses personnels n’est pas de préparer ni d’enrôler les enfants, les jeunes pour la guerre ! La place des élèves est à l’école. Nous ne jouerons pas le rôle de supplétifs de l’armée.

 

Nous demandons l’abandon des dispositifs d’embrigadement de la jeunesse tels que les classes défense et le transfert de tous les moyens financiers gouvernementaux mis dans les classes défense dans le budget de l’Education nationale pour être mis au service de l’instruction, et pas de la guerre.

 

Nous invitons les personnels à se réunir et à poser les revendications en ce sens, pour obtenir les postes, les classes, les moyens en vie scolaire et en personnels médico-sociaux.

 

Un préavis de grève de notre Fédération couvre toutes les situations.

 

DE L’ARGENT POUR L’ECOLE, PAS POUR LA GUERRE !


Nous, personnels des centres de formation de Blois et de Bourges de l’INSPE Centre Val de Loire, composante de l’Université d’Orléans, vous proposons de signer cette pétition :

La réforme de la formation des personnels enseignants du premier et second degré qui va se mettre en place à compter de la rentrée 2026 risque de modifier très fortement le maillage territorial en fonction des choix faits par l’université d’Orléans et le Rectorat de la région académique Centre Val de Loire – Académie d’Orléans-Tours. Les centres INSPE proposent une formation de proximité prenant en compte les caractéristiques locales. Ils contribuent ainsi au rayonnement des territoires et à leur développement. Les sites de Blois et Bourges sont particulièrement impactés puisqu’il a été annoncé que la licence permettant la préparation au Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles ne sera pas ouverte sur ces centres, questionnant alors leur pérennité.

Dans ce contexte, les fonctionnaires stagiaires en stage dans le Loir-et-Cher et le Cher se verraient contraints de réaliser leur formation sur un autre département.


Face à cette situation, nous demandons le maintien de l’ensemble des centres de formations INSPE de la région académique Centre Val de Loire – Académie Orléans-Tours